Woman at War, fable moderne.

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Woman at War c’est le dernier film de Benedikt Erlingsson, à qui l’on doit également Des Chevaux et des Hommes. Remarqué lors du dernier Festival de Cannes dans le cadre de La Semaine de la Critique, ce conte philosophique sur la nature et la désobéissance civile y a reçu le Prix SACD. Il est en salles depuis le début du mois de Juillet. Le spectateur est transporté en Islande où Halla, quinquagénaire indépendante, mène une double vie. Professeur de chant dans une chorale de Reykjavik, c’est dans la plus grande clandestinité qu’elle se transforme en activiste pour mener des missions de sabotage contre l’usine d’aluminium locale, une industrie qui défigure son île. Du vandalisme au sabotage industriel, Halla ne recule devant rien. Jusqu’au jour où elle obtient une réponse à sa demande d’adoption, effectuée des années auparavant. Qu’adviendra-t-il du combat d’Halla alors que la perspective de devenir mère approche ? Lire la suite

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England is Mine, le biopic introspectif.

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England is Mine est un biopic sur l’adolescence de Steven Patrick Morrissey, dit Moz, chanteur emblématique de The Smiths et auteur d’une belle carrière solo depuis leur séparation. Il s’agit du premier film de Mark Gill, à la fois fan enthousiaste et musicien lui-même. Il aime à raconter qu’il a vendu ses guitares pour payer les frais de scolarité de l’école de cinéma dans laquelle il est entré, avec comme objectif d’un jour réaliser ce film. Il choisit donc de brosser le portrait du jeune Morrissey dans le Manchester des années 70. Une période bien antérieure à la formation du fameux groupe. C’est plus généralement l’instantané d’un jeune artiste qu’offre Mark Gill à la découverte. Lire la suite

Resurrect Dead : The Mystery of the Toynbee Tiles

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Connaissez-vous les Toynbee Tiles – ou Tuiles de Toynbee ? Cette étrangeté nous vient des États-Unis. Il s’agit de plaques de linoleum engluées dans l’asphalte et délivrant d’étranges messages, dont le plus connu est le suivant : Toynbee idea In movie 2001 Resurrect dead On planet Jupiter. Comprendre : L’idée de Toynbee Dans le film 2001 Ressusciter les morts Sur la planète Jupiter. Un message, délirant pour beaucoup, angoissant pour d’autres, que l’on retrouve différemment formulé sur plus de six cents plaques disposées dans les rues de Philadelphie mais également de New York, Baltimore et jusqu’en Amérique Latine, au Chili ou en Uruguay (la carte des tuiles recensées, si vous êtes joueur). Si l’existence de ces plaques n’a jamais eu aucune influence sur votre vie, sachez que ce n’est pas le cas de Justin Duerr. Lire la suite

Mother!, une grotesque démesure.

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Darren Aronofsky fait sa rentrée avec Mother!, un film qui n’a manifestement laissé personne indifférent. Certains l’ont détesté, criant au scandale ; d’autres l’adorent, criant au chef-d’œuvre. Ici, on est mitigés. Il y a du bon et du mauvais dans ce Mother! hautement symbolique. Probablement trop symbolique. On connaît le penchant d’Aronofsky pour les thématiques complexes et les intrigues riches en sens, parfois difficilement transposables à l’écran. Pour exemple, The Fountain qui abordait moult thématiques existentialistes comme la mort, le deuil, l’amour ou la paix, le tout dans un patchwork de trois temporalités différentes. Jusqu’alors, Darren Aronofsky a toujours su aborder ces problématiques par le biais d’histoires singulières et personnelles qui savaient susciter l’adhésion du spectateur. Avec Mother! cependant il semble que la mayonnaise ait plus de mal à prendre. Aronofsky choisit de tisser son -trop- vaste propos par une gradation fantasque de péripéties toujours plus délirantes, faisant ainsi de Mother! un film conceptuel plus que véritablement narratif. Pour être tout à fait clair, disons que le dernier-né du réalisateur est une longue allégorie aux lectures multiples. Et malheureusement, la promotion du film n’a pas préparé les spectateurs les moins avertis à cette réalité, laissant planer la confusion sur sa nature. Ceux qui s’attendaient à découvrir un thriller en huis clos avec une pointe de fantastique se sont trouvés bien dépourvu après la première heure et demie. A titre personnel, le choc s’est bien fait sentir dans ma salle : rires à gorge déployée, ça grignote frénétiquement, ça illumine la salle de son portable sans aucun complexe ou ça discute carrément à voix haute, au calme. Pour les rares qui trouveraient ça normal : jetez un œil au manuel du Fossoyeur de Films… Ce petit détour pour expliciter les réactions qu’a suscitées le film fait, revenons-en au fond.
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